
En Alsace, les événements religieux inscrits au calendrier sont sacrées. Et Pâques fait invariablement partie des temps forts de l’année. On l’attend avec impatience avec sa cohorte de symboles et de gourmandises qui annoncent son approche imminente : les cloches qui reviennent de Rome chargées de chocolats, les œufs peints cachés dans les jardins, les branches décorées de rubans colorés… Et notre fameieux lämmele (lamala) qui trône fièrement sur les tables dominicales. Une tradition presque aussi ancrée et chargée d’émotion que le réveillon de décembre.
Ici, on ne badine pas avec les fêtes de Pâques. On prépare, on anticipe, on sort les moules de Soufflenheim du placard dès le début de la semaine sainte. Et le Vendredi Saint — férié en Alsace-Moselle, rappelons-le, une exception héritée de notre droit local depuis 1871 — offre le luxe de prendre son temps pour cuisiner. Quatre jours chômés, c’est une véritable invitation à se mettre aux fourneaux !
Cette année, j’avais envie de vous proposer un tour complet de ma table de Pâques. Du lämmele salé pour l’apéritif — oui, vous avez bien lu, et vous allez voir, c’est une révélation ! — en passant par les grands plats mijotés à l’agneau, jusqu’aux lämmele sucrés qui concluent le repas dans la plus pure tradition alsacienne. De la première bouchée à la dernière miette gourmande, Pâques version Je vais vous cuisiner, c’est parti !
Et si vous avez envie de découvrir encore plus de recettes alsaciennes authentiques, consultez mon article complet des 25 recettes alsaciennes traditionnelles incontournables.
Table des matières
- Le lämmele salé : la surprise de l’apéro
- Les plats de Pâques : l’agneau à l’honneur
- Les lämmele sucrés : la tradition en majesté
- Mon menu de Pâques alsacien idéal
- FAQ — Vos questions sur les recettes de Pâques alsaciennes
Le lämmele salé : la surprise de l’apéro

Vous connaissez le lämmele, ce petit agneau de Pâques en génoise moelleuse que l’on saupoudre de sucre glace ? Oui, bien sûr. Mais un lämmele… salé ? À l’apéritif ? Là, je vous vois froncer les sourcils ! Allez, avouez !
C’est mon côté créatif — et un brin espiègle — qui a imaginé cette version. L’idée : conserver la forme iconique de l’agneau pascal, ce clin d’œil à la tradition qui fait toujours son effet, mais avec une pâte à génoise salée. Le résultat ? Un amuse-bouche qui provoque à coup sûr un effet de surprise à table. Vos convives ne s’y attendent pas, et c’est précisément la raison pour laquelle cette recette fait mouche à tous les coups.
→ Retrouvez la recette de mon lämmele salé aux lardons, au comté et aux noix sur le blog !
Les plats de Pâques : l’agneau à l’honneur

Mais Pâques en Alsace, ce n’est pas seulement le lämmele ! C’est aussi un grand repas de fête autour de l’agneau, roi de la table pascale. Chez nous, on aime les les plats généreux, mijotés avec amour, qui envahissent la maison de leurs arômes dès le matin. Voici mes recettes préférées pour un repas de Pâques alsacien inoubliable.
Fleischschnacka à l’agneau oriental
Le fleischnacka, c’est l’un des monuments de la cuisine alsacienne — ces rouleaux de pâte farcis à la viande, dorés à la poêle puis cuits dans un bouillon parfumé, font partie de notre patrimoine culinaire le plus précieux. Mais moi, je l’ai revisité avec des saveurs orientales qui lui donnent une dimension nouvelle, surprenante, envoûtante. C’est la rencontre entre nos racines alsaciennes et l’ouverture sur le monde qui me tient tant à cœur. La farce à l’agneau, parfumée de cumin, de coriandre et d’un soupçon de gingembre, se marie à merveille avec la pâte à nouilles maison. Un pur régal !
→ Retrouvez la recette complète des fleischschnacka d’agneau à l’orientale sur le blog.
Baeckeoffe à l’agneau
Le baeckeoffe… Rien que d’y penser, j’ai les yeux qui brillent. Ce plat mijoté, qui cuit lentement au four pendant des heures et dont les arômes envahissent toute la maison dès le matin, c’est la quintessence du repas de fête alsacien. La tradition voulait que les ménagères apportent leur terrine chez le boulanger le dimanche matin, pendant la messe, pour qu’il cuise dans le four encore chaud. Aujourd’hui, on le fait chez soi — dans notre terrine des potiers de Soufflenheim, bien sûr — mais la magie reste intacte !
Mon baeckeoffe à l’agneau marie la tradition alsacienne à une touche d’inspiration ibérique. Un mariage inattendu et absolument délicieux. Et le grand avantage de ce plat ? Il se prépare la veille, ce qui vous laisse le dimanche de Pâques entièrement libre pour profiter de votre famille. Zéro stress, 100 % convivialité !
→ Retrouvez la recette complète du baeckeoffe à l’agneau sur le blog.
Tajine d’agneau aux quetsches et épices
Voici l’une de mes fusions préférées : la quetsche alsacienne — ce petit fruit de chez nous, légèrement acidulé, charnu et parfumé — dans un tajine d’agneau aux épices chaudes. C’est l’Alsace qui rencontre le Maghreb, et le résultat est absolument renversant. Les quetsches fondent dans la sauce, apportent une douceur fruitée qui équilibre les épices et vient sublimer la tendresse de l’agneau. Autant vous dire que c’est une tuerie !
Ceci dit, je vous vois peut-être lever un sourcil dubitatif. La quetsche en plat salé ? Laissez-moi vous convaincre : si vous avez déjà goûté un tajine aux pruneaux, vous comprendrez immédiatement. Et notre quetsche alsacienne, c’est encore mieux — c’est de chez nous !
→ Retrouvez la recette complète du tajine d’agneau aux quetsches sur le blog.
Gigot ou épaule d’agneau de 7h au Riesling
Le plat de fête par excellence. Celui que l’on prépare la veille, qui mijote toute la nuit ou toute la matinée, et qui arrive sur la table dans une tendresse absolue — la viande se détache à la cuillère, délicieusement parfumée aux épices. C’est impressionnant, généreux, et festif ! Pour les grandes tablées de Pâques, c’est LE plat incontournable. De plus si rapide et facile à préparer. Nos grands-mères alsaciennes auraient approuvé !
Mon conseil : Lancez la cuisson le matin tôt — ou même la veille au soir à très basse température (120°C). Quand vos invités arrivent, la maison embaume déjà et le plat est prêt. Vous n’avez plus qu’à profiter !
→ Retrouvez la recette complète du gigot d’agneau 7h au Riesling sur le blog.
Carré d’agneau en croûte d’herbes
Pour les repas élégants, les tablées qui méritent un plat digne d’un grand restaurant, le carré d’agneau en croûte d’herbes est la réponse parfaite. Beau, raffiné, parfumé, il allie la noblesse de la viande à la générosité des herbes fraîches. Un plat qui en jette autant visuellement qu’en bouche — et qui se prépare en moins de 45 minutes ! C’est mon secret pour les repas de fête réussis sans passer la journée aux fourneaux.
→ Retrouvez la recette complète du carré d’agneau en croûte d’herbes sur le blog.
Voici un petit récapitulatif des recettes avec temps de préparation, temps de cuisson et niveau de difficulté pour vous aider à choisir !
| Recette | Temps de préparation | Temps de cuisson | Niveau |
|---|---|---|---|
| Fleischschnacka d’agneau oriental | 2 h | 30 mn | Intermédiaire |
| Baeckeoffe à l’agneau | 1 h | 2h30 | Facile |
| Tajine d’agneau aux quetsches | 30 mn | 1h50 | Facile |
| Gigot d’agneau 7h au Riesling | 25 mn | 7h | Facile |
| Carré d’agneau en croûte d’herbes | 40 mn | 35 mn | Intermédiaire |
Les lämmele sucrés : la tradition en majesté

Et maintenant, le moment tant attendu ! Le lämmele sucré, c’est l’âme de Pâques en Alsace. Ce petit agneau en génoise, élevé dans son moule en terre cuite de Soufflenheim et saupoudré d’un nuage de sucre glace, trône sur toutes les tables du dimanche matin depuis le XIXe siècle. Je cuisine et explore la cuisine alsacienne depuis plus de 11 ans et l’émerveillement que me procure ce gâteau est toujours aussi présent.
La recette du lämmele remonte très certainement au XIXe siècle et répondait à la nécessité d’écouler le stock d’œufs accumulés tout au long du Carême — la tradition interdisant leur consommation pendant cette période. Quelle meilleure façon de les utiliser qu’en confectionnant une génoise généreuse coulée dans un moule en forme d’agneau ? Une tradition née de la nécessité, devenue un symbole de fête séculaire. N’hésitez pas à raconter cette petite histoire à vos convives — ça fait toujours son effet !
Au fil des années, je l’ai décliné dans tous les sens. Du plus classique au plus inattendu. Voici mes quatre versions préférées.
Le lämmele traditionnel
C’est lui, le chef-d’œuvre. La génoise parfaite, vanillée, légère comme un nuage, aérienne, moelleuse, qui sort du moule de Soufflenheim comme une évidence. On le démoule délicatement — toujours après refroidissement complet, c’est crucial ! — et on le saupoudre d’un nuage de sucre glace. Simple, beau, irrésistible.
Si vous n’avez jamais fait de lämmele de votre vie, c’est par là que vous devez commencer. Je vous donne tous mes conseils pour un démoulage parfait et une génoise à tomber.
→ Retrouvez la recette complète du lämmele traditionnel sur le blog.
Le lämmele noisettes & chocolat
Ah, celui-là… Pour les gourmands assumés, les irréductibles du chocolat, les amoureux des saveurs rondes et profondes ! La noisette apporte un côté croquant et torréfié, le chocolat une profondeur gourmande qui se marie à merveille avec la légèreté de la génoise. C’est décadent, c’est festif, c’est Pâques dans toute sa splendeur chocolatée. Foncez dessus — vous me remercierez !!!
→ Retrouvez la recette complète du lämmele noisettes & chocolat sur le blog.
Le lämmele aux agrumes
Envie de légèreté et de fraîcheur printanière ? Cette version zestée est une révélation ! Les agrumes — citron, orange, un soupçon de bergamote si vous vous sentez d’humeur aventurière — viennent faire chanter le printemps dans votre bouche. Parfait pour conclure un repas généreux sur une note de légèreté. Un pur régal !
→ Retrouvez la recette complète du lämmele aux agrumes sur le blog.
Le secret d’un lämmele réussi (quelle que soit la version) : Beurrez et farinez généreusement votre moule en insistant sur les oreilles. Ne remplissez pas à ras bord — les trois quarts suffisent. Laissez refroidir avant de démouler. Et ne saupoudrez le sucre glace qu’au dernier moment, juste avant de servir !
🗓️ Mon menu de Pâques alsacien idéal

Vous vous demandez comment orchestrer tout ça ? Voici ma suggestion pour une table de Pâques alsacienne de A à Z :
| Moment | Recette | Accord vin |
|---|---|---|
| 🥂 Apéritif | Lämmele salé Comté, noix & lardons | Crémant d’Alsace |
| 🥗 Entrée | Asperges rôties, sauce César | Riesling sec |
| 🍖 Plat | Baeckeoffe à l’agneau | Pinot Gris |
| 🍓 Dessert | Verrine fraise-rhubarbe | Gewurztraminer vendanges tardives |
| ☕ Café gourmand | Lämmele noisettes & chocolat | Café |
Un patrimoine ne survit que s’il reste vivant — et c’est exactement ce que ce menu incarne : tradition alsacienne, créativité, générosité, et surtout, plaisir partagé !
❓ FAQ – Vos questions sur les recettes de Pâques alsaciennes
Voilà, vous savez maintenant tout sur mes recettes de Pâques alsaciennes ! Du lämmele salé qui surprend à l’apéritif, aux grands plats mijotés à l’agneau, jusqu’aux lämmele sucrés qui font le bonheur des petits et grands — Pâques en Alsace, c’est vraiment une fête à part entière.
Alors cette année, lancez-vous ! Commencez par le lämmele salé si vous aimez surprendre, mijotez un baeckeoffe ou un gigot 7h pour le plaisir de voir les yeux de vos convives s’illuminer, et concluez sur un lämmele sucré sorti tout droit du moule de Soufflenheim. Et surtout, partagez vos créations avec le hashtag #jevaisvouscuisiner — j’adore voir vos réalisations, ça me remplit le cœur de joie à chaque fois !
Fröhliche Ostern ! 🐑🌸
Vous avez testé l’une de ces recettes ? Laissez-moi un commentaire ci-dessous, je lis tout et je réponds toujours avec plaisir !
Vous avez aimé cet article ? Ne partez pas avant d’avoir téléchargé mon guide numérique gratuit de 10 recettes pour cuisiner l’Alsace entre tradition et modernité.




